On en aura mis du temps. Pour se parler vraiment et se déchiffrer. Comprenez-moi bien, on parle tout le temps, de tout et en plus de deux ans et demi, on n’a jamais laissé passer un sujet dans l’ombre. Même si ça faisait mal, on en parlait. On pleurait dessus, on riait dessus, mais on ne laissait jamais un sujet nous pourrir l’existence. Et voilà que cela fait trois mois (je dis trois mais je n’ai aucune idée de quand ça a vraiment commencé, juste que c’est arrivé un jour comme ça, sans prévenir), que je lance des pics, des relances, des « mais pourquoi ?, qu’est-ce que j’ai fait ? Trop fatigué ? On se perd ? Plus envie ? Trop envie ? C’est moi ? C’est toi ? C’est nous ? ». Je ne comprenais rien de rien. Et ça commençait sérieusement à me monter au nez. Parce que je ne voyais pas. Rien ne semblait clocher dans les gestes et les mots mais c’était tout.
Mais parfois, il faut que ça mette du temps à sortir, que l’accouchement soit un peu douloureux pour que l’on finisse par comprendre le pourquoi du comment. Mes suggestions apparemment pas suggestives du tout (que je pensais telles mais qui n’étaient pas comprises), l’heure et le bon moment pour le faire, les bastons marrantes qui étaient censées amorcer quelque chose de plus intime et qui retombaient en bleus sur le corps et en « qu’est-ce qu’on se marre tous les deux ! », le moment où on pourrait mais en fait non, parce qu’à trop attendre, je m’endormais et aussi l’heure matinale qui se coince entre deux minutes trop courtes pour se préparer avant de partir travailler. C’était un tout. Pas une question d’envie, pas une question de réelle fatigue ou d’autres choses qui me sont passées par la tête. Non. Rien de tout ça. Juste, il fallait qu’on en parle pour que ça aille au-delà de ces moments où justement rien n’est calculé et où tout est démultiplié, exalté, si bon, si fort. Parce que je ne suis pas en train de me plaindre d’un manque. Ne vous méprenez pas ! Non. Simplement, je me demandais comment on pouvait du jour au lendemain, ne plus vraiment « trouver le temps » alors que tous les signes de l’envie étaient bien présents… La réponse se trouvait dans le creux des draps, ses bras m’entourant comme avant de nous endormir, la respiration lente et la tête posée. Il m’a cherchée je crois, pour me pousser à me poser les bonnes questions. Puis m’a avoué que non, ce n’était pas ça, qu’il voulait voir comment je réagirais. Et alors que les dernières notes de rire s’effaçaient en fond, on a enfin pu en parler et réaliser qu’il n’y avait aucun problème, aucun doute, simplement le juste moment à trouver.
Crédit image : here_come_the_trash
Bande son : When I was young – Odi Accoustic (cover Blink182)

20 février 2013 at 1:19
On se pose vraiment trop de questions… même là où il n’y a pas de problèmes… mais maintenant tu sais ;-)
20 février 2013 at 8:23
Ce n’était pas une histoire de se prendre la tête pour rien cette fois. C’était devenu (pour moi peut-être plus) un vrai questionnement et je suis contente qu’on ait pu en parler heart to heart…
20 février 2013 at 8:14
On parle bien de sexe là, non ^^!? Je trouve ton texte remarquablement bien écrit et d’une telle légèreté… J’ai connu et connais encore par moment le même sentiment que toi, que vous et du coup je trouve tes mots tellement juste que j’en reste ébahi.. Merci ;-)
20 février 2013 at 8:20
Perspicace Alister ! ;p
Merci pour le compliment (d’écriture) =)
21 février 2013 at 11:43
J’aime beaucoup ton texte, ca reflète aussi ce que je suis, quand je me pose trop de questions … j’adore la fin, imprévisible .
21 février 2013 at 12:02
Merci =)