Chaque seconde

by samantha leighJ’ai aimé chaque seconde de ce retour. Chaque détail, chaque recoin, chaque frisson. C’est vrai, il y avait du retard. C’est vrai, la nuit a été très courte parce que j’étais prévenue par texto que l’équipage n’était pas à bord de l’avion (j’ai d’abord cru à une blague. Après j’ai voulu pleurer.) Tout ça, c’est vrai. Mais ce n’était rien comparé au reste. Et je n’avais rien imaginé, rien prévu, rien préparé dans ma tête. Juste le cœur battant à l’intérieur du Terminal 3, celui le plus loin, le plus paumé, le plus long d’accès. Juste le cœur bondissant à chaque fois que la porte coulissait et que j’espérais voir son visage. Heureusement, à cette heure, il n’y avait qu’un avion qui se posait. Alors je me suis mise à guetter. A attendre qu’il apparaisse. Mais rien. Alors j’ai baissé la tête, regardant mon téléphone pour passer un peu le temps. Et je l’ai relevé. Et je l’ai vu. La barbe un peu hirsute, les yeux tout endormis et sa grosse valise qu’il traînait derrière lui. On a contourné la longue barrière et on s’est jeté dans les bras l’un de l’autre. Ses lèvres avaient gardé la même saveur, le creux de son cou toute la douceur d’avant et ses bras… Et ses mains qui me caressaient le visage, les cheveux et sa voix qui me chuchotait « t’es belle ! » J’ai enfoui mon visage dans son cou et mes yeux se sont remplis de larmes. Malgré moi. Je ne m’y attendais pas. Mais ça l’a fait sourire parce que c’était inattendu je crois (ou pas). Et en repartant, j’avais les yeux brillants et les gens nous regardaient, ses bras entourant mon corps entier et toujours la grosse valise qui traînait derrière. Rien qu’en l’écrivant, j’ai encore le cœur qui bat très vite. Le trajet en bus d’une heure n’est jamais passé aussi vite. Les paysages derrière défilaient mais ça n’avait aucune importance. Il y avait toujours les mêmes gestes tendres, son odeur et la même voix pour me rassurer. Il ne voulait pas dormir pour tenter de rattraper le jetlag et m’écoutait patiemment lui raconter tout ce que je n’avais pu lui dire par mail. Il a été patient et attentif malgré ses petits yeux gonflés de sommeil. Il m’a raconté aussi ces 8 jours, montré des photos. C’est drôle, j’imaginais Montréal grande ville avec des immenses immeubles. Je n’y ai vu que de petites maisons enneigées, c’était magique. Je sais que les immeubles existent ailleurs mais de ce que j’ai vu, c’était vraiment chouette. Arrivés chez-nous, la machine lancée, le repas préparé et mon Lui débarbouillé de son voyage, je l’ai respiré comme jamais je ne l’ai respiré auparavant. Je crois que c’est son odeur qui m’a le plus manquée (entre autre, oui, quand même, il y a d’autres choses ;) Ensuite, tout est passé si vite. C’était bon, c’était doux, intense, calme, posé, passionné, dessus, dessous et sur le côté. Les murs ont raisonné de nos souffles, de nos rires, de nos bouches, de frissons. Enivrés.

La nuit est arrivée, il s’est allongé dans le lit, je l’ai massé longuement, doucement, son souffle s’est calmé, ses yeux se sont fermés, presque scellés. Je me suis glissée à côté de lui, il était à peine 20 heures passé. Il m’a attiré vers lui et durant toutes les longues 12 heures qui ont suivies, dès que l’un de nous se réveillait, il venait se coller à l’autre pour toujours garder le contact. Une main, un bras, un orteil ou nos deux têtes collées. De sursauts en câlins lovés, la semaine peut bien commencer.

Crédit image :  Samantha Leigh
Bande son : I swear this time I mean it – Mayday Parade


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