Je ne m’attendais pas à ce que cette semaine passe aussi lentement. Je sais que c’est parce que j’en attends beaucoup, mais à ce point, j’ai l’impression qu’on m’a menti. Ce matin devant le miroir, je plissais les yeux pour tenter de me rappeler quel jour on était et soudain j’ai réalisé que non, on n’était pas jeudi mais bien mercredi et qu’il me restait encore trois jours à tirer. Il faut dire que le poids des jours je les sens passer, parce que chaque matin je dois me convaincre que tout ça est bientôt terminé, que mon boulot ne s’éternisera pas et que oui il faut que je me lève pour aller affronter d’autres remontrances (4ème même speech de ma boss en 4 jours, j’avoue, je sature), me lever pour braver le froid (il fait apparemment parfois plus "chaud" à Montréal qu’à Paris… What the fuck am I doing here ?…) et assurer la journée. Chaque matin je regrette ce moment où je me suis relevée à deux heures du matin parce que le sommeil ne venait plus et qu’à présent, il faut faire face au réveil. Cette semaine passe si lentement que les meilleurs moments ne sont pas encore arrivés. J’ai la sensation de vivre au ralenti, que le temps s’est arrêté dans sa course folle et qu’il me laisse bien le temps de mariner dans l’ambiance merdique environnante. Je m’étais donnée pour premier objectif de prendre soin de moi, de penser à moi et (presque) moi seule, dans le bon sens du terme : faire attention à mon alimentation, écouter ma faim (et ma non faim), faire du sport (pas nécessairement chaque jour mais finalement c’est la seule manière que j’ai de lâcher la pression et mon corps se re dessine gentiment), de voir des amis et d’écouter ma fatigue. Jusque-là j’applique à la lettre mes auto-recommandations. J’arrive même à prendre du recul sur mon travail et à laisser glisser sur moi tout ce qu’on veut bien me reprocher en boucle ces derniers jours. Mais c’est long. Il faut dire que j’avais aussi pris l’habitude de vivre semaine par semaine, de ne plus compter un jour après l’autre, justement pour avoir cette sensation de mieux avancer. Seul moment où j’accordais de l’importance au temps, c’était le week-end. Histoire de marquer une vraie pause. Là, c’est tous les jours l’effet inverse qui se produit. Chaque minute marque son empreinte. Et y reste un peu plus que de raison. Et je n’aime pas m’en rendre compte. C’est comme quand une personne est au régime et qu’elle ne voit pas son corps changer, qu’elle trouve qu’elle stagne. J’ai l’impression de faire du sur place. Et comme on me répète inlassablement le même refrain depuis quatre jours, cette sensation s’amplifie et m’angoisse. Intérieurement je me dis que jeudi matin, j’annonce. Je sors le grand jeu. Montréal tout ça. La paie insuffisante. Les tâches peu gratifiantes. Je balance tout. Mais j’ai peur de la contre partie. De ce que ma boss va peut-être me sortir après cette déclaration qu’elle feindra de trouver géniale. J’en suis quasiment certaine, elle va me coller au cul pendant deux mois et demi. Ne me laissant rien passer. Prétextant un apprentissage de tout ce que je dois savoir pour avoir toutes les cartes en main. Et dans un sens, c’est une bonne chose, moi qui demande à arrêter d’être son assistante personnelle. Elle m’a déjà parlé de m’apprendre à faire d’autres choses (bizarrement elle finit un peu par m’écouter mais seulement une fois m’avoir bien dégoûtée d’elle et de l’envie d’en faire plus…). Mais ce qu’elle ne comprend pas c’est que ma motivation s’est barrée très loin. Que son monde ne m’a jamais intéressée et que je me suis retrouvée coincée dans un milieu que je n’aime pas. La Com oui. Dans la Finance… Ca fait tout de suite moins rêver. Et je n’en ai jamais rêvé, que l’on soit bien clair. Elle s’assure d’ailleurs que je me souvienne exactement pourquoi je suis arrivée là : "j’ai voulu faire plaisir à F." Et argument ultime "mais tu es encore là deux ans après, ça veut dire que j’ai capitalisé sur toi, donc montre que tu es motivée." Certes. Ou pas. Tout ça pour dire que j’ai peur de ce qu’elle va exiger de moi après que je lui annonce que je ne continuerai pas après le 30 avril. Il faut que je me raisonne. Mon collègue M. se réjouit d’avance que je lui en mette "plein les dents et qu’elle bouffe sa merde". M. est très expressif et est d’un soutien sans faille. Ca, je ne peux pas lui enlever. Moi je ris à l’entente de ces mots, mais tout au fond, je redoute le retour de vague qu’elle est capable de me mettre en pleine figure.
13 février 2013
Trop long, trop lent
Alors voilà, j’essaie de faire de mon mieux, de prendre mon mal en patience et de faire ce que je peux. Mais j’ai hâte que le temps se remette à passer plus rapidement sauf quand ce ne sera plus le moment, disons… dimanche matin !
Crédit image : Geyser

13 février 2013 at 10:26
je penserai bien à toi demain alors ;-)
13 février 2013 at 10:40
Merci m’a belle =)