What am I doing ?

500 days of SummerEn fait, si je comprends bien, il faut être fort, ne pas (trop) se plaindre, être vindicatif, savoir taper du pied pour remonter à la surface, ne pas se laisser couler. Ok, très bien. Mais si je dis que je pleure (de nouveau) sans grandes raisons, que je suis à fleur de peau, que je n’arrive justement pas à remonter à la surface et que les « ça va aller » ne font plus effet, que dois-je en déduire ? Que je suis trop faible pour arrêter de me plaindre ? Trop nulle parce que je touche (presque) le fond et que je ne parviens pas à taper du pied justement parce que je ne suis pas assez au fond ? Que je suis trop bête pour apprendre à garder la tête hors de l’eau ? Je sais que tout ce que j’entends, tout ce que l’on me dit vient d’une bonne intention. Quelle soit amoureuse ou amicale. Et bordel, si on ne me le répétait pas dix fois par jour, là oui, je toucherai sans doute le fond du fond. Mais en gros, tout ce que je comprends vraiment, c’est que j’ai le droit de pleurer, le droit de ne pas être bien, le droit d’en avoir marre, mais je ne dois surtout pas me laisser aller. Mais, si moi je n’ai plus que ça ? Si c’est la seule chose que j’arrive à faire ? Me laisser couler un instant. Oublier un midi d’aller au sport. Mêler mes stupides larmes à des achats compulsifs tout en terminant un paquet de barquettes au chocolat (régression mon amour !). Hein ?! Si c’est ma seule réponse instantanée ! Je deviens quoi ? Faible ? A chier ? Détestable ? Une mauvaise battante ?

Ici, je n’ai même plus le droit d’avoir un trou de mémoire concernant le titre d’une étude sur laquelle j’ai bossé en pointillé. Ca m’est reproché. Ici, je suis reprise par mon collègue parce que sans faire attention j’ai osé dire « le devis sur la bouffe » à ma boss. C’est vrai, c’est moche, mais c’était involontaire. Ici, je dois envoyer des courriers que mes collègues ont la flemme de mettre dans des enveloppes juste parce que je n’arrive même plus à leur dire "non tu vas bouger ton cul ça sera plus simple pour tout le monde". Tout ce que je fais est surveillé, contrôlé et plus rien n’a de sens.

Alors quoi ?
Je me sens inutile et je n’arrive plus à remonter. Et pourtant, je me suis dit hier soir que j’arrêtais de me plaindre, que si je prenais des nouvelles d’une personne, c’était pour en avoir vraiment et non pour que ce soit un prétexte pour qu’on me demande comment je vais et que je puisse m’étaler comme du miel dégoulinant. J’étais bien partie pourtant. J’avais pris sur moi. J’avais regardé ma boss avec un air désabusé à la grande messe du lundi matin tout en faisant style de bien l’écouter. Je m’étais bien tenue malgré mes deux bourdes (qui ont marqué les esprits sans que je ne les aperçoive moi-même tellement je ne trouvais pas ça grave en soi…). J’avais fait ça vraiment bien. Me levant même ce matin sans rechigner. Mais j’avoue, j’ai vite craqué. Parce que tout ce qui s’accumule, connaît d’autres vagues qui s’ajoutent à celles déjà présentes. C’est en ce sens que je ne parviens jamais à avoir le dessus. On me coule sans cesse. Même avec des conneries, des petites choses qui, prises une par une, sont ridicules mais une fois accumulées ressemblent à des montagnes infranchissables. Et je dois bien l’avouer, je n’ai plus la force de faire face. Je ne craque pas devant mes collègues bien sûr (même si c’est tentant parfois), il ne le faut pas. Je fais face. Mais tout me touche au plus haut degré. Et chaque événement qui s’ajoute est une envie de plus de hurler, d’envoyer des mails où je me plains pendant des lignes, des textos où je me perds en message de détresse. C’est parce qu’on ne me laisse pas une minute de répit, que je ne fais que me plaindre. Et pourtant, je me force, croyez-moi. Pourtant, chaque fois, je me dis qu’il faut que je sois forte, que ça va aller, que je suis grande et responsable, qu’on ne peut pas me traiter de la sorte indéfiniment et que non, cette fois, je ne lâcherai pas l’affaire et que je n’irai pas me plaindre auprès de mon Lui (qui a un courage monstre pour me supporter… Je devrais lui dédier une Ode tellement il est précieux en ce moment, en plus du reste… <3 Promis, ce soir je ne chougne pas ;)

Sauf qu’à un moment donné je n’ai plus les ressources. Et c’est pour ça que je l’écris ici. Le seul espace un peu personnel où je peux m’épancher et où j’espère, je ne serai pas jugée. Mon espace où je peux chougner un peu, être un peu down. Mais je ne me laisse pas complètement aller quand même. Parce que je reste bien entourée, parce que les beaux jours vont arriver, parce que j’ai de la nouvelle lingerie sexy à faire tournoyer, parce que j’ai encore du sport pour me défouler et d’autres choses à réaliser.

Crédit image : 500 days of Summer
Bande son : Everything I need – Wallflowers


19 Réponses à “What am I doing ?”

  • Submarine

    Tu as le droit de chougner comme tu dis, d’être fatiguée, énervée, lassée, triste ! On ne peut pas toujours aller bien, mais comme tu le dis, tu ne te laisses pas totalement aller, & je trouve que c’est le plus important ! A vouloir toujours être plus forte, plus battante, plus compétente, que sais-je encore, on ne fait que se mettre une pression supplémentaire. Ici, sur ton blog, tu as tous les droits :)

  • Submarine

    Ps : j’ai découvert cette photo plus tôt dans la journée, je l’aime, je les aime tous les deux. Bon choix ;)

  • Ginie

    Non mais tu as vu mon blog ?! Je ne fais que de me plaindre alors ça ne sera pas moi qui te dirais de tout garder pour toi et de faire avec. Non, tu as le droit d’aller moins bien ou pas bien du tout, tu as le droit de te plaindre, harceler tes amis pour avoir du soutien, tu as le droit !!!!! ♥

  • Ellie

    Je te rassure, tu as parfaitement le droit de te laisser aller ! Plus on essaie de se retenir, plus le moment où on pétera un gros boulon devient imminent… Il vaut mieux se laisser aller à ses sentiments, si tu n’as pas envie de sortir un jour, ne sors pas. Je pense que l’important c’est de se fixer un moment où l’on va se redresser, et jusqu’à ce moment, on a le droit de ressentir tout ce qu’on veut, de geindre, de casser les oreilles de nos proches… Tant pis, c’est pour notre bien finalement ! Et j’ai l’impression que ton boulot te met vraiment dans de sales états… :( Tu n’as pas pensé à aller voir un médecin ? L’ambiance de boulot est responsable de bien des dépressions et mon père lui-même en a été la victime…
    Courage !

    • lablune

      Je dis souvent que j’aimerais être mise en arrêt longue durée parce que ça me pèse beaucoup mais je ne sais pas ce qui est mieux : rester seule à l’appart avec le risque de déconner ou mal entourée au travail :/ Mais en tout cas merci pour tes mots et t’inquiètes heureusement je ne suis pas seule et on fait attention à moi quand je n’y arrive plus…
      Merci <3

  • Lou

    Oh combien oui tu as ce droit. Je ne sais que dire d’autre (grosse fatigue de mon côté ;)) mais je t’embrasse, des pensées pour toi.

  • ptitedelph

    Ce n’est pas moi qui vais te dire quoique se soit… tu as vu la tête de mon blog et de son contenu hein ?? :-s. Tu as le droit de craquer et comme je te l’avais dit une fois, tu as le courage de te battre pour continuer, là où moi j’aurais dû m’arrêter pour justement ne pas sombrer. On pète tous les plombs à un moment donné et si on ne le fait plus, je crois que c’est là bizarrement, qu’on ne peut plus rien attendre de nous. Tant qu’on a le réflexe de dire qu’on va mal, c’est qu’il y a l’espoir derrière d’aller mieux, avec du soutien, du réconfort et de l’aide. On est là pour te lire, de mon côté, je me sens toujours un peu inutile, mais sache que tu peux compter sur moi même si malheureusement je n’aurai pas les bons mots. Mais viens déverser tout çà par ici et quand tu partiras de cette entreprise merdique, stp, dis tout ce que tu as sur le coeur. Si tu ne peux pas le faire par la parole, utilise la méthode écrite. En toute diplomatie. Cà ne changera pas tout ce que tu as enduré, mais si elle est intelligente (un peu, au moins… tout tout tout petit peu….. :-s), elle réalisera et c’est elle qui se prendra une claque en pleine tronche. Je l’ai fait une fois, après un entretien d’embauche parce que la personne m’avait démolie à cause de ma maladie. J’étais restée scotchée sur le moment, mais le lendemain, j’envoyais une lettre pour lui dire tout ce que j’avais sur le coeur. Il ne m’a pas répondu, tu penses bien, mais j’étais soulagée de le faire. C’est peut-être bête, mais on fait comme on peut parfois. Courage ma belle, si tu as besoin, on n’est jamais bien loin, par ici, par mail, si tu veux mon adresse, je te la donnerai et lirai tout ce que tu as sur le coeur. Gs bisous avec tout mon soutien

    • lablune

      Merci ma belle ! Ne jamais dire que tu ne serais pas quoi dire parce qu’à chaque fois que tu m’as laissé des commentaires, tu sais très bien trouver les mots =)
      Et je ne sais pas si j’écrirai à ma boss après être partie mais je serai déjà bien contente de ne plus à la côtoyer ! Enfin merci du conseil, on sait jamais ;)
      Bisous et bon courage à toi… <3

  • Chloé Délice

    On est justement là pour t’écouter… et se rappeler que ouai bordel moi aussi je ressens tout ça et c’est pas si égoïste que ça! Je me retrouve toujours tellement dans tes textes que s’en ai troublant, même si notre vie est différente on a beaucoup de points communs. Merci à toi car je me sens moins seule <3

    • lablune

      Toi je me dis souvent que j’aime ton blog plein de gourmandise mais que j’aimerais beaucoup pouvoir te lire "en vrai", je suis sûre que ton blog serait beau à lire =) <3
      Merci en tout cas choupinette… So much !

  • cubala

    Tu as le droit de te plaindre mais seulement avec ta lingerie sexy :)

  • unicks

    derrière tes mots je vois quelque chose de grave, as-tu déjà pensé que tu faisais "tout simplement" une dépression? cette impression de couler sans pouvoir remonter, sans que les autres puissent faire quoi que ce soit, sans que tu puisses faire quoi que ce soit tout en étant parfaitement consciente de ce qui se passe.
    ou alors, il y a aussi un peu de harcèlement moral à ton boulot, c’est assez clair.
    gros bisous et n’hésite pas à continuer à écrire, même si c’est pour te plaindre, tu es chez toi ici et l’écriture est une sorte de thérapie.

    • lablune

      Je dois bien t’avouer que si j’y ai pensé. Mais n’ayant jamais eu de personnes qui ont fait de dépression autour de moi, je me dis juste que c’est la période qui est difficile parce que je ne sais pas réellement à quoi ça ressemble :/ Et puis je pense aussi (et surtout, enfin il me semble) qu’il y a pas mal de harcèlement moral (c’est difficile à cerner tellement ma boss se veut maternelle… du coup ça passe entre deux limite je m’en aperçois à peine) au boulot. Je crois que je vais voir le 30 avril pour savoir ce qu’il en est. J’avoue, je n’ai jamais été mal à ce point. Mais tout est lié au boulot par contre. Parce que côté amour tout roule (j’ai vraiment un chéri en or) et amitiés ça roule aussi. Il n’y a vraiment que le point boulot qui fait bien chier. Donc j’attends de voir un peu. Quitte à me faire un peu arrêter si j’en peux vraiment plus (ça me tente mais j’avoue, j’ai besoin de thunes donc je ronge mon frein)…
      Merci en tout cas pour tes mots ma belle, ça me touche beaucoup… <3

  • lheureuseimparfaite

    houlà ça sent la grosse fatigue tout ça ! mais c’est un peu normal non de ne pas toujours être une superwoman qui carbure à 3000%, non ?

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